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Utilisation des Story Cubes pour créer un personnage

Les trois boîtes de Story Cubes

Ecrit par Loic le sage

24 janvier 2020

Des possibilités infinies, ça vous fout le vertige !

Quelque soit le processus créatif d’histoire dans lequel vous êtes engagé (écriture d’un roman, d’un scénario, préparation d’un dessin de personnage, ou même du jeu de rôle – que ce soit côté joueur ou côté MJ), le moment de créer un ou des personnages arrive inévitablement. En effet, s’il n’y a pas de personnage pour la vivre et la raconter, alors il n’y a pas d’histoire. Dans cet article, on va vous proposer une utilisation des Story Cubes pour construire vos personnages.

Parfois, on peut se retrouver perdu tant le champ des possibles est immense. C’est le propre de la création : on peut tout tenter ! Et du coup, il arrive quelques fois qu’on ne parvienne pas à se lancer, car on arrive pas à fixer un cap pour ses idées.

Assez étrangement, s’imposer des contraintes dans ce cas de figure peut vraiment aider à débloquer la situation. En effet, si le blocage vient d’une infinité de possibilités dans l’histoire qu’on veut raconter, alors ajouter des contraintes pour “borner” le processus peut carrément faire la différence.

Il y a plein de moyens d’y parvenir. On peut travailler sur des plots proposés en ligne. On peut s’inspirer d’un évènement réel dans l’actualité. On peut également se rapprocher d’une histoire déjà existante (c’est le principe de la fan fiction). Mais comme je suis un rôliste dans l’âme, et que j’aime les dés et le hasard, je ne peux m’empêcher de vous présenter une toute autre méthode, qui passe par l’utilisation des célèbres Story Cubes.

Les Rory’s Story Cubes

En 2004, Rory O’Connor, un irlandais du nord, lance la première boîte de Story Cubes. Tout cela partait du constat qu’il n’existait pas d’outil formalisé pour booster la créativité et lever les blocages que rencontrait les gens qui s’engageaient dans un processus créatif. Le but était donc de proposer un outil ludique, qui puisse être utilisé à la fois dans le cadre du jeu (parce qu’on aime quand c’est fun), et aussi dans un cadre plus éducatif.

Rory et sa femme ont alors créé un set de 9 dés, chacun avec des faces différentes qui représentent des illustrations aux thèmes suffisamment larges et qui peuvent coller à tout un tas d’histoires. C’est ainsi que les Story Cubes sont nés !

Le jeu a fait son petit bout de chemin, jusqu’à devenir, à Noël 2011, le jeu le plus vendu cette année là dans le monde. Et bien sûr, il a remporté un nombre incalculable d’awards et de récompenses, dans tout plein de pays.

Vous trouverez une courte présentation du jeu ici. Et évidemment, vous trouverez notre sélection de Story Cubes en boutique ou dans notre catégorie Jeux pour tous.

Aujourd’hui, la gamme s’est élargie, car en plus de l’édition de base (orange), il existe de nombreuses autres boîtes qui collent à des thèmes plus restraints. Dans l’exemple que je vous présente aujourd’hui, j’ai utilisé :

  • la boîte de base (Story Cubes orange)
  • la boîte Fantasia (Story Cubes rose)
  • la boîte Voyages (Story Cubes vert)

Ce n’est pas la destination qui compte, c’est le voyage

Si comme moi vous êtes fan des grandes sagas fantasy, vous savez que plus que le but, c’est le voyage qui compte. Comment un personnage part d’un état initial à un état final, en affrontant tout un tas d’obstacles qui vont le faire grandir, mûrir et changer : c’est ça la base de toute bonne histoire.

Et c’est pour ça que j’ai ajouté la boîte Fantasia et la boîte Voyages à ma sélection. Déjà parce que je voulais créer un personnage dans un univers Fantasy (mais la méthode marche tout autant pour un personnage dans n’importe quel autre type d’univers). Mais aussi parce que je souhaitais insister sur la trame que va vivre mon personnage (d’où la boîte Voyages).

Au final, j’ai décidé de m’y prendre de la manière suivante :

  • j’ai d’abord commencé par l’utilisation des Story Cubes de base (boîte orange), et j’en ai sélectionné quatre les yeux fermés (sinon c’est plus vraiment de l’aléatoire, n’est-ce pas ?). J’ai ensuite détaillé le sens de chaque face en une seule phrase. C’est donc très résumé, ce qui a le bon ton de borner mon histoire, tout en me laissant encore suffisamment de liberté pour lui donner du corps,
  • en deuxième étape, j’ai lancé les dés de la boîte Fantasia (rose), et j’ai fait tout pareil : j’en ai sélectionné quatre au hasard, et j’ai détaillé chaque face avec une phrase courte.
  • et enfin, dernière étape, j’ai lancé les dés de la boîte Voyages (vert), mais cette fois je n’ai pioché que trois dés au lieu de quatre. Ça me semblait compliqué de rajouter quatre nouvelles contraintes, surtout sur un thème aussi spécifique que le voyage. Et la encore, j’ai rédigé une phrase par face de dé.

Reste plus qu’à regarder le résultat et tenter de connecter toutes ces petites phrases pour en faire un début de création de personnage !

L’utilisation des Story Cubes de base

Mon utilisation des Story Cubes oranges
Mes quatre dés de base sélectionnés aléatoirement

Je me retrouve donc avec quatre faces à interpréter pour donner du sens à mon personnage. Et comme c’est le premier jet de dés, je n’ai encore rien d’existant à quoi me raccrocher. Donc j’y vais à l’instinct : que m’évoquent chacune de ces faces ?

La première, c’est la tête d’extraterrestre. Je n’étais pas vraiment parti dans un univers de science fiction avec des aliens, du coup j’ai du me creuser un peu le ciboulot. Qu’est-ce qu’un extraterrestre, sinon un être venu d’un autre monde ? Du coup, c’est décidé, mon personnage vient d’ailleurs. Voici ce que j’ai noté à son sujet “il vient d’une autre dimension”. Ressemble-t-il à un humain ? À autre chose ? Ça je ne l’ai pas encore décidé, ça fera parti des éléments à détailler lorsqu’on aura fini de poser les bases avec les Story Cubes.

La deuxième face c’est la baguette magique. Et là ça tombe super bien, car c’est très simple à caser dans un univers de Fantasy. Du coup, j’ai décidé que “la magie est commune dans sa dimension, il sait s’en servir”. À quoi sert la magie ? Comment fonctionne-t-elle ? Mon personnage est-il expert en magie ? Là encore, plein de détails à aborder une fois l’exercice terminé.

La troisième face, c’est celle de la bulle de bande dessinée. Moi, ça m’évoque le dialogue, la discussion : “il est muet, mais entend des voix”. Il faudra définir pourquoi il est muet (est-ce seulement lui ? ou bien tout les personnages de cette dimension ?) et qui sont ces voix qu’il entend.

Enfin, la dernière face représente une clé. J’ai voulu rester dans le domaine du symbole et de l’analogie : “il est la clé de quelque chose qu’il ne comprend pas encore”. C’est certes très vague, mais ça jalonne déjà l’histoire de notre personnage. Lors de ses aventures, il devra prendre conscience de ce qu’il représente et décider si oui ou non il déverrouille ce pourquoi il a été créé (sauf si quelqu’un le décide à sa place).

Voilà qui nous donne déjà les bases et dégrossi un peu le trait. Reste maintenant à utiliser les deux autres boîtes (Fantasia et Voyages) pour compléter un peu tout ça.

L’utilisation des Story Cubes Fantasia (rose)

Mon utilisation des Story Cubes roses
Les quatre faces que j’ai tiré avec la boîte Fantasia : les choses commencent à s’agencer pour mon personnage !

J’ai déjà une petite trame de base grâce à mes quatre dés précédents. Du coup, ça va m’orienter pour l’interprétation de ces nouveaux dés, qui sont là pour insister sur le côté fantasy de mon personnage. On continue donc à donner du sens à ces petits dessins pour toujours mieux cerner ce personnage qu’on essaie de créer. C’est partie pour l’utilisation des Story Cubes de la boîte Fantasia (rose) !

On commence avec la première face, une flûte. Elle m’évoque la flûte magique de Mario dans Super Mario Bros 3, mais aussi assez spontanément celle du Joueur de flûte de Hamelin (un conte où un jeune flûtiste subjugue des rats avec le son de sa flûte et en débarrasse la ville). Et du coup, j’ai bien envie de lier le sens de cette face avec deux autres, celle du monstre cyclope et du loup. Je fais donc d’une pierre deux coups (enfin … trois), et je rédige une phrase qui s’applique à trois faces : “il exprime sa pensée par la musique, et parvient même à charmer les méchants et les animaux”. Ça commence déjà a élaborer un peu plus de contenu sur la magie et la manière dont mon personnage s’en sert. Finalement, ça serait un genre de barde mystique qui utilise son Art comme un pouvoir magique.

Même si je m’en suis bien sorti en interprétant trois faces d’un coup avec une seule phrase, il me reste une dernière image à intégrer à mon personnage : le chariot de paille. Moi, ça m’évoque le monde paysan, et compte tenu du mutisme de mon personnage, je me dis que ça complique sans doute un peu son quotidien si il veut vivre et s’épanouir dans un milieu urbain assez peuplé. Au final, je l’imagine bien comme quelqu’un de plutôt solitaire, habitant dans un endroit peu peuplé et menant une existence simple. Je résume ça par un très condescendant “c’est un pèquenaud fermier”. Notez ici que le ton n’est pas neutre et nous apprend indirectement des choses sur le monde dans lequel il vit : c’est a priori vu comme dégradant d’être un paysan qui vit simplement.

Maintenant qu’on a dégrossi qui ce personnage est, quelles sont ses origines et ses particularités, alors il est temps de passer à la dernière étape : le voyage.

L’utilisation des Story Cubes Voyages (vert)

Qu’est-il ou que va-t-il arriver à notre personnage ? Qu’est-ce qui pourrait bien motiver ses actions ? Pourquoi diable devrait il vivre une histoire ? C’est ce que l’utilisation des Story Cubes Voyages va nous apprendre.

Mon utilisation des Story Cubes verts
Mes trois dés Voyages, qui vont conclure cet exercice de création de personnage

Souvenez vous, sur cette étape, j’avais décidé de ne sélectionner que trois dés, car rajouter quatre nouvelles contraintes me semblait trop compliqué.

J’ai donc tiré trois faces, une qui représente une bactérie, une qui représente un chaudron bouillonnant et la dernière qui représente deux personnages qui semblent ne pas se comprendre.

Pour la bactérie, je l’ai interprété comme le signe d’une maladie : “une maladie le touche”. Voilà le déclencheur qui va le mettre en mouvement !

Le chaudron quant à lui m’évoque une vieille sorcière. Une peu comme celle dans le film Disney Rebelle. Elle vend ses services et accepte de l’aider, sauf que la seule possibilité pour notre personnage de s’en sortir c’est de se rendre dans notre dimension (pourquoi exactement ? ça reste à définir). Et donc “la sorcière du coin l’envoi dans notre dimension”. Voilà une situation qui devrait donner du fil à retordre à notre personnage, et qui lui promet des aventures palpitantes !

Enfin, la dernière face est celle de deux personnages qui ne semblent pas réussir à communiquer entre eux. Le plus petit semble belliqueux, mais j’ai choisi d’ignorer ce détail. Je me souviens que mon personnage est muet, et qu’il vient d’une autre dimension. Ça tombe, il ne nous ressemble pas, et ça rend son intégration encore plus difficile. Tout ça reste encore à détailler, mais je résume cette idée par un : “personne ne le comprend, il est chelou à nos yeux”.

Si on connecte tout ensemble, qu’est-ce que ça donne ?

Mes notes après l'utilisation des Story Cubes
Mes notes après mes lancés de dés – soyez indulgents pour les fautes d’orthographe inexcusables

On a donc terminé l’utilisation des Story Cubes. On a quand même lancé trois sets de dés à 9 faces chacun : ça représente plusieurs dizaines de millions de combinaisons possibles !

Si on fait le bilan, on se retrouve avec un personnage qui vient d’une autre dimension, dans laquelle la magie est quelque chose de commun. Lui même utilise une forme de magie par le biais de la musique, car il sait subjuguer et enchanter les méchants et les animaux. Notre personnage est muet, et il utilise aussi la musique pour communiquer. Il entend régulièrement des voix dans sa tête, et se trouve être la clé de quelque chose qu’il ne comprend pas encore.

Il vit en milieu rural et mène une existence simple. Mais un jour, il est touché par une maladie étrange, et se tourne vers la sorcière du coin pour obtenir conseils et soins. Celle ci ne peut l’aider et l’envoi vers notre dimension. Sauf que, son mutisme et ses origines fait qu’il nous parait pour le moins étrange, et personne n’arrive à communiquer avec lui.

Voilà qui nous donne déjà une bonne trame de base pour compléter son histoire et détailler d’avantage sa personnalité. En effet, son mutisme, sa condition de paysan, son exil dans une autre dimension, son rapport à la magie et aux voix qu’il entend dans sa tête : tout ça a forcement des conséquences sur sa personnalité, son caractère et même son physique. Et grâce à ce que nous avons défini par le biais des Story Cubes, il va être infiniment plus facile de détailler le reste de ce personnage, car les possibilités ne sont maintenant plus infinies : les contraintes que nous avons tirés ont borné à jamais le destin de ce personnage.

OK, mais maintenant, on fait quoi ?

La suite de l’exercice, c’est de se triturer les méninges pour répondre à toutes les questions qui n’ont pas été couvertes par l’utilisation des Story Cubes :

  • à quoi ressemble ce personnage ? est-il humanoïde ? ou identique à nous ? est-ce un mâle, une femelle, autre chose ?
  • sa magie fonctionne-t-elle dans notre monde ? est-elle altérée par notre dimension ?
  • qui sont ces voix qu’il entend ? sont elles dangereuses ? pourraient-elles être liées à sa destinés et à son rôle de clé ?
  • d’ailleurs, qu’est-il supposé déverrouiller ? va-t-il sauver le monde ? le détruire ? l’altérer ?
  • de quelle maladie est-il atteint ? quels en sont les effets visibles ? comment empire-t-elle ? comment la soigner ? est-elle contagieuse ?
  • la sorcière est-elle vraiment en train de l’aider ? peut être qu’elle en sait plus sur sa destiné et qu’elle l’a envoyé chez nous pour une tout autre raison que de soigner sa maladie ?
  • comment va-t-il réussir à s’intégrer dans notre dimension ? que risque-t-il s’il n’y parvient pas ? s’est-il fait des alliés et des ennemis ?
  • etc

C’est la toute la force des Story Cubes et de cette méthode. En partant de contraintes imposées, elle nous permet de développer un certain nombre d’éléments de base qui vont faire remonter tout un tas de question. Et c’est en répondant à toutes ces questions qu’on va donner corps à l’histoire de notre personnage, pour à la fin lui donner vie !

Les possibilités d’utilisation des Story Cubes sont infinies. L’approche que je vous ai présenté ici n’est qu’une façon d’utiliser les dés parmi tant d’autres.

Et vous, comment utilisez vous vos Story Cubes ? Que vous ont-ils déjà aidé à créer ? Quelle est l’histoire la plus incroyable que vous ayez développée avec vos dés ? N’hésitez pas à le partager avec nous dans les commentaires, on prendra un grand plaisir à lire vos créations et à découvrir vos méthodes d’utilisation.

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